Les GEM en gestation ailleurs en France

Là ça s’avère beaucoup plus problématique qu’en Ile de France. Les Compagnons du Bonheur à Béthune, tout comme Opalegem à Berck ont un projet de GEM depuis 6 ans, se consacrent 3 jours par semaine à la vie du club, sans arriver à décrocher la subvention. Il y a certes eu en 2018 un appel d’offre pour la création de 12 nouveaux GEM dans les Hauts de France. Du coté d’OpaleGEM,il était en concurrence avec un autre projet, mieux introduit et mieux organisé qui a remporté le projet. Quant aux “Compagnons de la Bonne Humeur”, qui fonctionne pourtant déjà comme un GEM en organisant des activités plusieurs fois par semaine et dont l’une des fondatrices n’est autre qu’une Médiatrice Pair de Santé très connue dans la région, ils souffrent de la trop grande proximité des GEM de Bruay, à 20 kilomètres de là dans le département voisin. Apparemment la ville de Béthune n’est pas forcément très chaude pour accueillir le GEM non plus.

La création de GEM obéit aussi en dehors du ré équilibrage territorial aux effets de mode. C’est ainsi qu’entre 2011 et 2014, les 3/4 des GEM créés étaient des GEM TC.

En Charente aussi nous avons pu rencontrer les porteurs d’un projet GEM. Mais là la situation était radicalement différente.. Comme il s’agit d’un GEM autiste, il bénéficie de toutes les attentions de l’ARS locale, très sensible aux effets de mode, qui n’hésite pas à l’épauler de tout son poids, même si le projet apparaît un peu limite : créer une sorte de ClubHouse pour autistes Aspergers en pleine cambrousse.

Nous avons aussi rencontré un autre cas de figure à Nantes et à Salon de Provence, celui d’un groupe d’usagers qui met en place un projet de GEM, celui-ci se faisant ensuite récupérer par une structure médico-sociale qui prend rapidement tous le pouvoir aux dépens de l’association d’usagers qui se retire du projet où elle ne se reconnaît plus du tout. Le schéma est à chaque fois un peu le même, des usagers très autonomes qui se retrouvent avec un gestionnaire les considérant avec un peu de condescendance et estimant que c’est à lui de faire les choix.

Il faut dire que le Cahier des Charges expose à ce type de dérive, n’encouragent pas suffisamment les initiatives d’usagers par rapport aux structures médico-sociales et leur donnant un délai de 2 ans pour se mettre ensuite aux normes associatives. C’est d’ailleurs une revendication permanente d’Advocacy que les GEM soient uniquement créés par des usagers.

La même chose a failli se produire à Niort pour le GEM autiste, mais l’association d’usagers porteuse du projet s’est tellement démenée, qu’elle a fait dessaisir le gestionnaire qui avait signé la convention avec l’ARS. Résultat le GEM a pu ouvrir avec un nouveau prestataire 6 mois plus tard. Il faut dire que les choses étaient allé très loin avec un local maintenu fermé par le gestionnaire, lettres recommandées à l’ARS, réunions de conciliation. L’association d’usager disposait cependant d’un atout clef, son parrain n’était autre que la femme du président du GEM. Dans les 2 autres cas parrains et gestionnaires ont fait cause commune contre l’association d’usager.

Nous avons aussi rencontré 2 autres types de GEM en gestation. L’un répondant à une demande de l’ARS mais ne voyant jamais le jour, faute de combattant, l’autre GEM étant créé à cause d’une mésentente dans le GEM d’origine.

Il ne faut pas croire que tous les GEM dont la CNSA prévoit la création voient obligatoirement le jour. C’est ainsi que depuis l’automne 2018 est prévu un GEM TC dans l’Oise à Senlis pour être précis. En janvier 2019 il était censé être lancé incessamment sous peu me disait la charmante attachée ARS de Beauvais. Nous avions même prévu d’aller l’inaugurer ensemble. Finalement on l’attend toujours. Et la charmante a obtenu une promotion… ailleurs.

Si vous avez des histoires du même acabit, ça m’interesse…

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