D’adhérent à animateur ou président de GEM, un parcours valorisant

C’est inscrit dans le Cahier des Charges des GEM, « un membre du GEM peut devenir animateur salarié d’un GEM, sous réserve qu’il n’en soit pas ou plus adhérent. » (Circulaire du 18 mars 2016 fixant le Cahier des Charges).

Ainsi pouvons nous comprendre par là qu’il est possible pour tout adhérent de devenir animateur de GEM, ou encore de se présenter à la présidence de celui-ci.

Ce possible changement de statut, semble induire (et naître d’une certaine volonté de) « responsabilisation » des adhérents. Imaginez : arriver dans un GEM en tant que personne – souvent isolée – et en probable souffrance et s’ériger quelques temps plus tard en animateur de GEM, chargé de quelques missions nécessaires à la vie du lieu et au bien être des personnes qui le côtoient… Le changement est double et la responsabilisation passe ainsi non seulement par un changement de statut – d’adhérent à animateur – mais aussi un changement de rôle, l’ex-adhérent troquant son statut d’accompagné pour le rôle d’accompagnant

S’agissant des effets de cette responsabilisation de l’acteur (Hélène Marche 2013), il est fort probable qu’elle permette à l’ancien adhérent devenu animateur un sentiment de valorisation voire d’émancipation.

Cette relative fierté, je l’ai retrouvée auprès de Sandrine*, une ancienne adhérente devenue animatrice. Elle occupe dans le GEM en question, une fonction de secrétaire (permanence téléphonique, ouverture et fermeture des locaux, inscriptions des adhérents aux activités…) qui lui a beaucoup apporté après son hospitalisation et depuis qu’elle est arrivée au GEM.

J’ai pu percevoir un sentiment de valorisation similaire chez Anne*, ancienne adhérente devenue présidente d’un GEM. Lors d’un entretien mené avec elle, elle m’a raconté ce que cette nouvelle fonction de Présidente lui avait apporté. Et celle-ci n’était pas peu fière de me raconter, le sourire aux lèvres, être « une sorte de cheffe du coordinateur », celui-ci ayant besoin de l’apposition de sa signature sur les divers actes administratifs.

Ainsi, on peut aisément imaginer combien il peut être valorisant pour une personne de se voir élire en Assemblée Générale Président.e, confier des tâches et solliciter l’avis. D’ailleurs, je crois pouvoir affirmer que les effets de ce changement de statut au sein du GEM s’étendent fort probablement jusqu’à son rapport à soi, pouvant permettre une reprise de confiance en soi et en ses capacités d’action.

De ce fait, le principe d’entraide mutuelle cher aux GEM semble aller jusqu’à frôler de près son amie la « pair-aidance »… deux concepts aux frontières poreuses. 

*Les prénoms ont été modifiés.

(Visited 275 times, 1 visits today)

Lien Permanent pour cet article : https://www.entraide-mutuelle.org/dadherent-a-animateur-ou-president-de-gem-un-parcours-valorisant/

3 Commentaires

    • LEGRAND sur 16/11/2020 à 11:53

    Bravo pour votre réponse. Nous sommes tout à fait d’accord, nous partageons exactement le même sentiment que vous.

    Francine LEGRAND, adhérente-présidente du GEM TENDRE LA MAIN

  1. Bonjour Mariki,
    Merci pour votre commentaire. Effectivement, si je soulignais dans cet article le possible effet valorisant du changement de statut, il ne fait nul doute qu’il existe aussi comme vous le soulignez bien d’autres conséquences parfois plus complexes à gérer. Merci à vous de nous avoir fait part de votre expérience.

    Belle journée à vous
    Justine STREMLER

    • SENECHAL Mariki sur 13/11/2020 à 00:37

    Bonsoir,
    Dans votre article intéressant, vous parlez de “Anne, ancienne adhérente devenue présidente de GEM”.
    Je suis réélue présidente d’un G.E.M. chaque année depuis 2014, mais je suis avant tout adhérente. La présidence n’est qu’un passage et il faut, je pense, veiller à rester en contact avec l’adhérente qui a poussé la porte du GEM pour la première fois. Ce statut de capitaine de GEM m’anime et me stabilise mieux que 3 psychothérapies confondues mais il faut savoir qu’il est piégeant : les multiples tâches polyvalentes et chronophages ont vite fait de nous emmener hors des préoccupations des adhérents . Accepter ce “rôle”, c’est également savoir dire “non” et pouvoir encaisser des critiques destabilisantes…et puis paradoxalement, c’est le risque de prendre de l’ampleur au niveau du tour de tête et de barrer le navire en solitaire. Bon vent à toutes et tous , ce vent qui rend la navigation agréable et l’équipage harmonieux, ce même vent qui chasse les méchants virus.
    Mariki SENECHAL – Adhérente-présidente G.E.M. ICEBERGS à LYON

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.