La partie concernant les GEM dans le dossier de presse des Assises de la santé mentale

VERS UNE SOCIÉTÉ PLUS ACCUEILLANTE : ENCOURAGER L’AUTODÉTERMINATION
DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP PSYCHIQUE ET LE SOUTIEN PAR LES PAIRS


La pair-aidance repose sur l’entraide entre personnes souffrant ou ayant
souffert d’une même maladie, somatique ou psychique. Le partage
du vécu de la maladie et du parcours du rétablissement constitue
les principes fondamentaux de la pair-aidance qui peut prendre plusieurs
formes : participation à des groupes de parole au sein d’association
d’usagers, rencontre dans des groupes d’entraide mutuelle (GEM) ou
encore intégration de pair-aidants bénévoles ou professionnels dans
les services de soins.
Dans le domaine de la santé mentale, le recours à cette expertise d’usage
et au savoir expérientiel est particulièrement porteur de transformations
des pratiques des professionnels et vecteur de rétablissement pour les
patients. Ces stratégies ont démontré leur efficacité dans la prévention
de la rechute et de la réhospitalisation, ainsi que pour une meilleure
inclusion sociale et citoyenne des personnes. La pair-aidance doit ainsi
être désormais promue et prévue en tant que principe d’action majeur
dans tout nouveau dispositif de santé publique, et à terme,
dans l’élaboration de toute nouvelle réglementation.
Par ailleurs, le développement d’espaces collectifs de soutien et
d’entraide mutuelle, pour et par les personnes concernées par des
problématiques de santé ou des situations de handicap similaires,
constitue un vecteur essentiel de socialisation et de bien-être mental.
Ces espaces peuvent revêtir différentes formes telles que les
groupements d’entraide mutuelle (GEM), les clubs thérapeutiques
ou encore les « clubs house ».
Le fonctionnement de ces groupes repose sur le principe d’une
entraide entre pairs se soutenant mutuellement dans les difficultés
éventuellement rencontrées, notamment en termes d’insertion sociale,
professionnelle et citoyenne. Le rôle crucial de ces dispositifs dans
la qualité de vie et la préservation de la santé mentale des personnes
concernées a été mis en exergue durant la crise sanitaire.

LES ENGAGEMENTS CLEFS

  • Favoriser l’émergence d’intervenants-pairs professionnels ;
  • Renforcer le déploiement des GEM et des « clubs house ».

Les mesures déjà engagées
• En 2019 les GEM ont bénéficié de 38,5 M€ de financements par la Caisse natio-
nale de solidarité pour l’autonomie, majorés de 4 M€ en 2020 pour les GEM
autisme. 542 GEM sont déployés sur le territoire national (données CNSA, 2019)
Les mesures nouvelles ou renforcées
MESURE 5
Favoriser l’émergence d’intervenants-pairs professionnels
Sous le terme d’intervenants-pairs, certains pair-aidants ont choisi de se former
et de se professionnaliser pour accompagner les personnes atteintes de troubles
psychiques, en collaboration avec les équipes soignantes. Ils exercent en établis-
sements sanitaires ou médico-sociaux.
L’intervention de ces pair-aidants est un métier émergent, non encore officielle-
ment reconnu. Les savoir-faire de l’intervenant-pair, ses missions dans les diffé-
rentes structures de santé mentale, ses interactions avec les autres professionnels,
sont en construction. Il reste ainsi à définir et à faire accepter la place et le cadre
d’exercice des pair-aidants et à multiplier les expériences sur l’ensemble du ter-
ritoire afin de conduire une évaluation de ces pratiques.
Deux principaux modèles d’intervention se dégagent pour la santé mentale : le
salariat en établissement sanitaire, social ou médico-social, ou la mise à disposi-
tion d’intervenants-pairs par des associations ou des plateformes (projet Espairs,
projet E-Pop soutenu par la Croix-Rouge).
La mesure vise à faire essaimer l’intervention de pairs professionnels dans les dif –
férents territoires par l’organisation d’appels à projets régionaux afin de susciter
de réelles opportunités.
Financement : 4 M€ à partir de 2022
MESURE 6
Renforcer le déploiement des GEM et des « clubs house »
Les groupes d’entraide mutuelle (GEM) fonctionnent selon un cahier des charges
fixé par arrêté. Ce sont des structures de prévention et de compensation de la
restriction de participation à la vie en société prévues par le code de l’action sociale
et des familles (CASF). D’autres structures complètent le dispositif d’accompagne-
ment, comme les clubs thérapeutiques, ou encore les « clubs house », dispositifs
informels d’entraide dont le modèle, né aux États-Unis et attesté aujourd’hui dans
plus de 30 pays, vise plus spécifiquement et avec succès un objectif de réinsertion
sociale et professionnelle en liens étroits avec le monde économique.
Un renforcement du budget alloué aux GEM permettra d’amplifier sur les territoires
les offres favorisant l’autodétermination des personnes en situation de handicap
psychique. Leur répartition étant variable sur le territoire, il s’agira en particulier
de veiller à rééquilibrer l’offre afin de couvrir l’ensemble des zones blanches. La
mesure proposée permettra aussi de consolider, pérenniser et développer le
modèle des 5 « clubs house » français dans le cadre d’un déploiement progressif.
Cette mesure répond ainsi à la nécessité de majorer les moyens alloués à ces
structures dans un contexte de besoins aigus suite à la pandémie. Ce renfort de
moyens permettra ainsi de soutenir l’autodétermination et le pouvoir d’agir des
personnes en situation de handicap, facteurs essentiels de leur bien-être mental.
Financement : 8 M€ en 2022, puis 10 M€/an à partir de 2023

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