L’évaluation des GEM

Mesurer l’impact sanitaire et social des GEM

Nul besoin de beaucoup de jugeote pour comprendre que les GEM jouent un rôle essentiel dans la vie de milliers de personnes (35 000 adhérents). Les 500 GEM de France accueillent chaque jour plus de 10 000 personnes qui bien souvent se seraient retrouvées seules chez elles …. et tristes la plupart du temps. Tout ça pour 40 millions d’Euros, soit 15 euros de forfait journalier : c’est pas cher payé le bonheur ou du moins l’atténuation de la souffrance sociale. Moins que le prix d’un déjeuner.Un gémeur coûte ainsi 1000 euros par ans à la collectivité, c’est à dire à peine plus que le prix d’une journée d’hospitalisation.

Mesurer l’impact sanitaire et social des GEM

Dès les premières années les fédérations de GEM ont cherché à mesurer l’impact des GEM. C’était d’ailleurs un des buts de l’Anegem, le bureau d’étude créé par la Fnapsy, que de permettre cette évaluation.Une première étude a eu lieu en 2011 sous la direction d’Ann Lovell : “ La transformation des connaissances comme forme de compensation du handicap psychique : Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) et structures apparentée Rapport de recherche pour le CNSA” (disponible en ligne sur le site de la CNSA)

Mais c’est en 2015 qu’a eu lieu la plus importante étude, pour les 10 ans de l’existence des GEM. Une vaste enquête qualitative a été menée par l’ANCREAI auprès de 25 GEM et 60 gémeurs et relations de Gémeurs pour apporter des précisions sur l’utilité des GEM. Le rapport, dirigé par Carole Peintre a été rendu public en 2017.Elle a été suivie en parallèle par une même évaluation au niveau des GEM du Centre Val de Loire qui a eu lieu en 2015 puis des Pays de Loire en 2017, de la Nouvelle Aquitaine en 2018 et de Rhône Alpes Auvergne en 2019.

La question de l’évaluation de l’impact positif des GEM sur leurs adhérents se heurte cependant à une difficulté de taille : l’accueil inconditionnel qui y est pratiqué. Les adhérents d’un GEM n’ont aucun compte à rendre au GEM, ni sur le suivi de leur traitement, ni sur leurs occupations. Les interroger sur ceux-ci c’est déjà empiéter sur leur vie privée et reproduire le même type de rapport coercitif qu’en milieu hospitalier. En 2016 les ARS avaient d’ailleurs demandé aux GEM des données précises sur leurs adhérents et leurs parcours de soins. Ce qui avait provoqué un tollé de la part de l’UNGF (L’Union Nationale des GEM de France, fédération concurrente au Cnigem qui a disparu en 2018)..

Ce qui est sur en tout cas c’est que les GEM évitent énormément de ré-hospitalisations et de tentatives de suicide. Les gémeurs font plus attention à leur santé, prennent mieux leurs médicaments. Certains animateurs nous ont parlé de plus de 80% de ré-hospitalisations évitées depuis la fréquentation des GEM. Quant on sait qu’environ 5% des personnes suivies par un CMP fréquentent un GEM, on peut penser que les GEM doivent éviter pas loin de 15 000 hospitalisations par an et quelques dizaines de suicides.

Pour aller plus loin :

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1 Commentaire

    • poite sur 07/01/2020 à 15:56

    bravo
    un grand bravo pour ce site

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