Les GEM, des utopies à tous les niveaux mais des limites bien réelles

Proposition de communication dans le cadre du séminaire de l’Ecole doctorale de l’EHESS 11-15 avril 2022

A la base de l’idée des GEM il y aune idée trés généreuse, celle de redonner leur pouvoir d’agir à des personnes qui en ont été dépossédé parfois depuis plus de 10 ans. L’utopie d’un GEM c’est que des personnes considérée comme plus ou moins incapables de se prendre en charge, de gérer leur budget (la plupart des gémeurs sont sous curatelle), puissent être capables, aider par un animateur à plein temps, de s’organiser collectivement pour faire tourner leur GEM. Alors c’est loin de marcher à tous les coups et très souvent la véritable charge de gestion du GEM repose entièrement sur les épaules de l’animateur. Mais même dans ce cas il va tout faire pour que les membres du CA du GEM prennent en main le maximum.

Les GEM sont des lieux utopiques en cela qu’ils essayent de ré-inventer une société idéale à l’écart du chaos ambiant et d’une société trop dur pour un certain type de public. Laissés à l’écart dans le monde “normal” dans cet univers bienveillant ces personnes dites handicapés psychiques retrouvent leurs repères et goût dans la vie. Ce ne sont pas des utopies totales comme l’ont été les lieux de vie et d’accueil qui ont proliféré dans les années 70, dans la mesure où ils ne sont ouverts que 35 heures par semaine.

Beaucoup des communautés utopiques comme Guise ou Arcs et Senans ont été fondé comme des habitats de travailleurs. Dans le cas des GEM nous sommes dans une situation radicalement différentes puisque seule une infime partie des gémeurs travaillent. L’utopie du GEM c’est de pouvoir les occuper à plein temps avec un budget “activité” proche de 50 centimes par jour et par gémeurs. Et pourtant cela marche grâce aux bénévoles, aux multiples talents des animateurs (beaucoup sont plasticiens) et aux adhérents eux -même dont beaucoup ont des savoirs à échanger. C’est ainsi que la plupart des GEM, malgré un budget extrémment serré sont capables d’organiser des activités quasiment tous les jours. Des associations comme Culture du Coeur leur permettent par ailleurs de bénéficier de spectacles gratuits. Beaucoup de GEM reçoivent une subvention de quelques milliers d’Euros (voire centaine pour les plus malchanceux) de la part de leur collectivité territoriale.

Dés le départ les GEM ont été inspirés par les utopies communautaires issues des années 70. La principale rédactrice du premier Cahier des Charges de 2005 n’est autres d’ailleurs que Martine Barrés, qui a codirigé pendant 20 ans le Bureau de la Psychiatrie créé en 1981 par le nouveau gouvernement socialiste. Si on relit bien le Cahier des Charges on s’aperçoit que tout a été pensé pour faire vivre l’utopie démocratique. De nombreux gardes fous ont ainsi été mis en place pour éviter que les dominants habituels continuent d”exercer un quelconque pouvoir : Seuls les adhérents ont le droit de vote, les bénévoles (souvent des parents) auraient sinon tôt fait de reprendre le pouvoir. L’animateur lui même est considéré comme salarié par l’association du GEM.

L’exemple d’une utopie devenue dystopie : le cas Marloux 1er

Du GEM au lieu de vie

Comment j’ai rencontré la nouvelle Utopie de la Santé mentale

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