Pour une sociologie tout terrain

Les tribulations d’un sociologue dans la tribu des GEMs

Saul Alinsky, la sociologie radicale au service des opprimés

C’est en marchant que l’on devient sociologue, parce que seule la marche permet de voir autour de soi et faire une pause au débotté lorsque cela s’avère nécessaire pour regarder. Mais de nos jours la marche à pied ne suffit plus, donc j’ai emprunté beaucoup de train, devenant un trainspotter du vendredi matin au lundi soir en empruntant pendant 4 ans la ligne de chemin de fer Paris Maubeuge et en m’arrêtant à presque chaque arrrêt du TER. Parce que faire une thèse n’est pas gagné d’avance, nonobstant les dires de certains pour qui une thèse = 2 master2.

En effet une fois que l’on a trouvé son sujet de thèse, il suffit de choisir son terrain, un terrain sur lequel il va falloir passer plusieurs centaines d’heures pour en tirer toute la substantifique moelle, c’est à dire de quoi écrire 600 pages. Quand on travaille sur un seul terrain, ça reste assez facile, il faut le trouver dans un rayon de 50 kilomètres autour de chez soi. Pour plusieurs terrains, le choix va devoir se faire de façon stratégique en calculant les terrains accessible à un moindre coût et avec un moindre effort. Pour moi c’est donc tout trouvé le terrain devra se trouver le long de la voie ferrée Maubeuge-Paris puisque je suis de toute façon obligé de l’emprunter trois fois par semaine. CQFD Je crois que si je devais définir mon travail sur les GEM, c’est une thèse que j’écris en marchant comme sans doute ma dernière aventure possible dans ce monde en mutation rapide.

On ne peut le nier, je ne suis pas toujours un mec gentil ni accommodant en ce qui concerne le monde et ses affaires. Je suis avant tout pour une sociologie de l’action où l’on va au contact ; autant que l’on reste dans sa tour d’ivoire quand cela s’avère nécessaire pour lire la littérature et fuir cette société pas toujours ni humaine ni très drôle. Mais je l’avoue je suis surtout dans l’action et la marche à pied.

Aussi, forcément, tant ma thèse que mon journalisme font parfois grincer quelques dents. C’est clair que projeter le film” Nous les Intranquilles “dans le multiplex de Compiègne était une provocation inqualifiable pour la bourgeoise impériale qui s’est sentie ridiculisée par la capétienne Reims. Cela explique qu’un an après les faits je sois toujours poursuivi par cette histoire. Ça m’a valu d’être interdit de CA au CNIGEM et, apparemment, de Normale Sup. Tout ça pour un joli petit film auquel ont assisté une petite centaine de personnes avec trois heures d’un très vif débat à la clef auquel les Gémeurs de Compiègne ont participé alors que j’avais dû me retirer de l’organisation devant les protestations de l’UNAFAM.
Alors, c’est clair j’écris les choses de façon un peu plus directe que d’autres, j’essaie de faire des analyses en profondeur, mais ça reste très gentil. Lisez Marianne ou Médiapart si vous voulez des choses méchantes.

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